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12 mars 2015

Morkebla – « Meet Me In A Decompression Chamber » (Farbwechsel Records) : Rencontre abstraite pour âmes célestes.

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Written by: David
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« Heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage… » Facile vous allez me dire tout en ressassant votre passé scolaire ou littéraire mais cette somptueuse découverte musicale m’a forcé à vous présenter cet album : Plongées subtile et calme aux fins fonds des abîmes de l’univers, Morkebla nous dévoile non pas une magie de l’enfer mais bien la planante musique d’une atmosphère calée entre le « mythe-mystère » et les airs. Entités dévots de nos corps, nos âmes se faufilent et s’expriment cette fois-ci (et encore) à travers l’espace et le temps. Alors, sans faire mon fin connaisseur car je n’en ai pas la prétention et l’orgueil, je goûte comme vous à ce plaisir auditif et incompréhensible peut-être. On entre dans des « terres » qui ont du vécu et dans un univers qui dans l’absolu cache les subtilités originelles de notre création. On écume les pistes à la recherche d’un « beat » qui ne se dévoilera que plus tard à l’écoute de l’album.

On se croirait en pleine expérience où le « Tonton » Biosphère est venu prêter main-forte à l’itinérante beauté de ces minuscules choses cachées. Minimaliste et exubérante densités, « poids plumes » seulement tolérés car attention, on voyage dans un monde qui ne côtoie que très peu le « groovy ground » ! Eclaircissements infinis, protubérante accalmie en prévisions mes chers(ères) amis(es) lecteurs(ices), c’est ce que Farbwechsel records nous prédit sous l’égide des bons conseils de Morkebla, le créateur de bonheur et d’expériences arithmétiques et envoûtantes.

Alors, un album donc pour ce dernier intitulé « Meet Me In a Decompression Chamber » où la gravité n’est plus et la dépressurisation est nécessaire afin de vous faire voguer, immerger dans cet aspect quantique de la matière. Profondément « abstract » et expérimental, il y a dans ces mélodies la volonté de pousser les portes du futur afin de vous faire entreprendre cette lecture. « Reel Abyss » (Track 01) vous amène l’assise nécessaire où le rythme n’est plus, spasmes confondus, matière ulcérante, douceurs attrayantes. Suivi d’un « Dungeon Rave » (Track 02) où un bruissement de ce qui semblerait être une bataille interstellaire ne vous rassure guère. Je me doute à ce moment là qu’un de nos pires sentiments humains (nommé la peur) fasse émergence et vous empêche de prolonger l’écoute d’un vide voulu dont la seule chose qui ne vous laisse pas indifférent soit justement ce léger bruissement. Votre ouïe attentive saura certainement faire la différence entre toutes ces tendancieuses expériences. Peut-être trop abstrait pour vous ? Je vous accorde donc « sauf-conduit » jusqu’au premier remix de l’album : celui de Ketev sur le morceau « Dungeon Rave » justement (Track 06). On s’éveille dans cette « chambre » du moins, ce lieu, où la masse se disjoint afin de former un épais brouillard de « froide » chaleur.

Track 01

Track 02

Track 06

Nous ne sommes pas loin des rencontres « célestes » où de grands vaisseaux mères se croisent et dont la dimension réelle se défausse face à l’immensité de l’espace. Une réinterprétation mystère pour Ketev où l’absolu de l’esprit s’étale : il ne nous reste plus qu’a contempler les étoiles avant de s’assagir dans une ambiance des plus captivantes : et ce, avec la légère reprise du morceau « Inhale Exhale » (Track 07) par S Olbricht. Un sentiment de désuétude alors me prends : une obsolescence non programmée mais quasiment achevée où l’on distingue d’étranges conversations ou sonorités. On tend vers un absolu « fenêtre » où le « lead » s’intensifie jusqu’à sa complétude : un « beat » battu avec percu’ et un second « lead » synthé’ de s’échapper au loin vers l’horizon. On est au delà des frontières de la deep pure où « l’ossature » (entendez rythmique classique) des morceaux n’est pas une nécessité. Seul ce corpus de synthé’ se plait à jouer avec comme seul facteur : cette douceur (peu importe sa nature). A l’artiste de s’exprimer comme peuvent le faire de manière différente des oiseaux dans un parc baigné par un vent lambrissant.

Mais autant imaginer un lieu qui s’y prêterait aisément afin de jouer ces sonorités abstraites et coercitives et visualiser ces « oiseaux » justement. Je situe ça à Berlin proche d’un ancien bout du Mur qui séparait jadis l’ouest de l’est de la ville : le Berghain, monument marquant dont le style néoclassique corrobore à cette atmosphère si particulière. Que ce soit au Panorama Bar (partie haute du club) ou en bas, je me disais qu’avec du recul, ces sonorités propres à Morkebla seraient fortement les bienvenues dans ce lieu inspiré, éclectique, et dont une certaine expressivité humaine s’associe les soirs d’ouvertures où il faut le dire, il y a foule !

Track 07

Et pour continuer dans cette idée probablement fantasque, imaginez-vous trente secondes (par interposition) dans un « palais » (palais Quirinal en Italie par exemple) où la superficie digne des « résidences » les plus grandes puisse accueillir les plus importants artistes tel Einaudi (sur un air profondément nostalgique de « Una Mattina ») ou encore Jeff Mills avec l’orchestre philharmonique de Paris (pour couronner le tout)… bref, un lieu enchanté pour le fin limier, l’orfèvre des clubs « millésimés » où se révèlent outre l’aspect musical les passions les plus enfouies de la société.

Et oui, comme au Chicago d’antan, les classes sociales s’effacent au profit d’un particularisme festif parfois indécent voire incandescent. Mais trêves de fantasmes, on en revient à ce que Morkebla (que je découvre encore au moment où je vous parle) sait faire de mieux : de l’abstract techno/deep ambiante minimaliste. Et c’est beau après écoute d’approuver cette approche musicale et d’apprécier différemment la chose.

Il fallait donc à mon sens terminer comme l’a fait l’artiste: à savoir, le retour à un « beat » prompt et effervescent (Track 08 – Within Deep Corridors (Beatrice Dillon Remix)): une deep terrestre où nos pieds peuvent à nouveau toucher le sol dont la construction standard d’un morceau implique le rythme imposé. « Dubby » aussi, ce remix vous colle pour de bon face aux passages des vents les plus violents et des tempêtes qui se déchainent. On est à la frontière limitrophe d’une deep-dub-techno qui ne fait rejaillir que la signification de ces trois termes. Simple et peut-être efficace, il faut tester cette track, il faut la jouer, allez là, il faut y aller !

Track 08

« Rien ne se perd, tout se transforme » alors, autant affiner sa curiosité et attendrir son âme en écoutant en entier cet album, digne « progéniture » de Morkebla, l’italien. Atmosphère post-guerre froide, on a envie de dire que ces artistes de l’Est tiennent à s’identifier tout comme l’ont/le fait/font leurs « frères et soeurs » à l’Ouest. Avec cette tangente ambiante (abstract, deep…), on « goûte » à une « gastronomie » musicale très raffinée et qui mériterait à mon sens quelques étoiles pour la postérité. A méditer…

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David
David, Co-founder Label Barbe, Dj/Producer à Dave John's, love people who keep a smile.




 
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